Bataille de Valmy

20 septembre 1792

Entre Sainte-Menehould et Valmy

Victoire française décisive

La bataille de Valmy
div>Partie des Guerres de la Révolution française
La bataille de Valmy
Peinture de la bataille de Valmy par Horace Vernet de 1826. Les fantassins en uniforme blanc à droite sont des réguliers tandis que les grades revêtus de bleu à gauche proviennent des volontaires citoyens de 1791
Date Lieu Résultat
Belligérants
Royaume des Français Prussia
Commanders and leaders
Kingdom of France (1791–1792) Charles François Dumouriez
Kingdom of France (1791–1792) François Christophe Kellermann
Kingdom of Prussia Duke of Brunswick
Strength
50,000 Infantry, 2,000 cavalry, and 60 guns (plus 2 light guns in each infantry bataillon) 3 500 hommes
Pertes et pertes
300 morts, blessés et disparus 200 morts, blessés et disparus

Le duc de Chartres (démonté) et son frère, le duc de Montpensier (à cheval), en uniforme de dragon à la bataille de Valmy.

Obélisque de Valmy avec statue de Kellermann

Une réplique moderne du moulin à vent de Valmy se dresse au milieu d’un site commémoratif.

La bataille de Valmy fut la première grande victoire de l’armée française pendant les Guerres révolutionnaires qui suivirent la Révolution française. L’action a eu lieu le 20 septembre 1792 alors que les troupes prussiennes commandées par le duc de Brunswick tentaient de marcher sur Paris. Les généraux François Kellermann et Charles Dumouriez arrêtent l’avance près du village septentrional de Valmy en Champagne-Ardenne.

En cette première partie des Guerres révolutionnaires – connue sous le nom de Guerre de la Première Coalition —, le nouveau gouvernement français n’a pratiquement pas fait ses preuves, et la petite victoire localisée de Valmy est donc devenue une énorme victoire psychologique pour la Révolution dans son ensemble. La bataille était considérée comme un événement “miraculeux” et une “défaite décisive” pour la vantée armée prussienne. Après la bataille, la Convention nationale nouvellement réunie est suffisamment enhardie pour déclarer officiellement la fin de la monarchie en France et l’établissement de la Première République française. Valmy a permis le développement de la Révolution et tous ses effets d’entraînement qui en ont résulté, et pour cela, elle est considérée comme l’une des batailles les plus importantes de tous les temps.

Contexte

Au début de la guerre, les troupes françaises ne se sont pas distinguées et les forces ennemies ont avancé dangereusement profondément en France dans l’intention de pacifier le pays, de restaurer la monarchie traditionnelle et de mettre fin à la Révolution. Le roi Frédéric-Guillaume II de Prusse avait le soutien de la Grande-Bretagne et de l’Empire autrichien pour envoyer le duc de Brunswick vers Paris avec une grande armée. La force d’invasion alliée de Brunswick composée de troupes prussiennes et autrichiennes vétérans a été augmentée par d’importants renforts de Hessois et de l’armée royaliste française de Condé. Le commandant français Dumouriez, quant à lui, avait fait marcher son armée vers le nord-est pour attaquer les Pays-Bas autrichiens, mais ce plan a été abandonné en raison de la menace plus immédiate pour Paris.

Un peu plus de la moitié de l’infanterie de l’armée de Dumouriez était des réguliers de l’ancienne Armée royale, de même que la quasi-totalité de la cavalerie et, surtout, l’artillerie. Ceux-ci fournirent un noyau professionnel pour stabiliser les bataillons de volontaires enthousiastes levés en juin et juillet 1791.

Bataille

L’armée d’invasion s’empare haut la main de Longwy le 23 août et de Verdun le 2 septembre, puis se dirige vers Paris à travers les souillures de la forêt d’Argonne. En réponse, Dumouriez stoppe son avance vers les Pays-Bas et fait marche arrière, s’approchant de l’armée ennemie par ses arrières. De Metz, Kellermann s’installe à son secours, le rejoignant au village de Sainte-Menehould le 19 septembre.Les forces françaises étaient maintenant à l’est des Prussiens, derrière leurs lignes. Théoriquement, les Prussiens auraient pu marcher tout droit vers Paris sans opposition, mais ce cours n’a jamais été sérieusement envisagé: la menace sur leurs lignes de ravitaillement et de communication était trop grande pour être ignorée. Brunswick traversa les bois du nord croyant pouvoir couper Dumouriez. Au moment où la manœuvre prussienne est presque terminée, Kellermann avance sur son aile gauche et prend position sur les pentes entre Sainte-Menehould et Valmy. Son commandement était centré autour d’un vieux moulin à vent, et ses artilleurs chevronnés étaient bien placés sur sa montée accommodante pour commencer la canonnade de Valmy. Alors que les Prussiens sortaient des bois, un duel de tir à longue portée s’ensuivit et les batteries françaises se montrèrent supérieures. L’infanterie prussienne fit un effort prudent et infructueux pour avancer sous le feu à travers le sol ouvert.

Alors que les Prussiens vacillaient, un moment charnière fut atteint lorsque Kellermann leva son chapeau et lança son célèbre cri de ” Vive la Nation “. Le cri fut répété encore et encore par toute l’armée et eut un effet écrasant sur le moral prussien. À la surprise de presque tout le monde, Brunswick interrompt l’action et se retire du terrain. Les Prussiens encerclent les positions françaises à grande distance et commencent une retraite rapide vers l’est. Les deux forces étaient essentiellement de taille égale, Kellermann avec environ 36 000 hommes et 40 canons, et Brunswick avec 34 000 et 54 canons. Pourtant, au moment où Brunswick se retira, les pertes n’avaient pas dépassé trois cents Français et deux cents Prussiens.

Retraite prussienne

La fin précipitée de l’action provoqua l’exaltation des Français. La question de savoir exactement pourquoi les Prussiens se sont retirés n’a jamais reçu de réponse définitive. La plupart des historiens attribuent la retraite à une combinaison des facteurs suivants: la position française hautement défendable ainsi que le nombre croissant de renforts et de volontaires citoyens avec leur élan décourageant et complètement inattendu persuadèrent le prudent Brunswick de s’épargner une dangereuse perte de main-d’œuvre, en particulier lorsque l’invasion russe de la Pologne avait déjà soulevé des inquiétudes quant à la capacité de défense de la Prusse à l’est. D’autres ont avancé des motifs plus sombres pour la décision, notamment un plaidoyer secret de Louis XVI pour éviter une action qui pourrait lui coûter la vie, et même la corruption des Prussiens, prétendument payée avec les joyaux de la couronne de Bourbon. Brunswick s’était en fait vu offrir le commandement des armées françaises avant le déclenchement de la guerre et des factions d’émigrés s’en servirent par la suite comme base pour alléguer une trahison de sa part. Cependant, il n’existe aucune preuve de cette accusation et l’explication la plus probable reste que, ayant initialement adopté une stratégie agressive, il n’avait pas la volonté de la mener à bien face à une opposition étonnamment déterminée et disciplinée. Quoi qu’il en soit, la bataille se termina de manière décisive, la poursuite française ne fut pas sérieusement pressée et les troupes de Brunswick réussirent une retraite sûre mais sans gloire vers l’est.

Aftermath

Cet engagement fut le tournant de la campagne des Prussiens. En proie à des pénuries alimentaires et à la dysenterie, leur retraite se poursuivit bien au-delà du Rhin. Les troupes françaises ont rapidement pénétré en Allemagne, prenant Mayence en octobre. Dumouriez se déplace de nouveau contre les Pays-Bas autrichiens et Kellermann assure habilement le front à Metz.

Dumouriez subira un rude changement de fortune : après un nouveau succès d’influence en novembre 1792 à Jemappes, il était l’année suivante un homme brisé. Son armée avait subi des pertes si catastrophiques qu’il a fait défection du côté royaliste pour le reste de sa vie.

Kellermann poursuit cependant une longue et distinguée carrière militaire. En 1808, il est anobli par Napoléon et prend pour titre le duc de Valmy.

Héritage

Dans l’historiographie variée de la Révolution française, la bataille de Valmy est souvent présentée comme la première victoire d’une armée citoyenne, inspirée par la liberté et le nationalisme. Plusieurs milliers de volontaires ont effectivement gonflé les rangs, mais au moins la moitié des forces françaises étaient des réguliers professionnels, en particulier parmi les unités d’artillerie critiques de Kellermann qui étaient largement considérées comme les meilleures d’Europe à l’époque. L’artillerie française possédait également un avantage tactique dans son système de canon moderne de Gribeauval qui s’est avéré très efficace sur le champ de bataille. Mais dans la conception populaire, Valmy était une victoire de citoyens-soldats: la bataille était symbolisée par le cri de Kellermann, augmenté du célèbre chant de la Marseillaise et de l’ Ir Ira des troupes sous le feu.

Le jour même de la bataille, l’Assemblée législative avait dûment transféré son pouvoir à la Convention nationale.Au cours des deux jours suivants, au fil des nouvelles de Valmy, les nouveaux députés de la Convention abolissent la monarchie et proclament la République française.

Les Prussiens eux-mêmes ont reconnu l’importance de la bataille, non seulement comme un revers pour l’une des armées les plus efficaces d’Europe, mais comme un appui crucial pour l’État français révolutionnaire. Le célèbre écrivain et poète allemand Johann Wolfgang von Goethe, qui était présent lors de la bataille avec l’armée prussienne, a écrit plus tard qu’il avait été approché par certains de ses camarades dans un état de découragement. Il les avait auparavant encouragés avec des citations mémorables et intelligentes, mais sa seule consolation cette fois était: “De cet endroit, et à partir de ce jour commence une nouvelle ère dans l’histoire du monde, et vous pouvez tous dire que vous étiez présent à sa naissance.”

Notes

  1. 1.0 1.1 Soboul, p. 269.
  2. Horne, p. 197.
  3. Creasy, p. 328 et suivants.
  4. 4.0 4.1 Lann, p. 145.
  5. Creasy, p. 330.
  6. Creasy, p. 334.
  7. 7,0 7,1 7,2 7,3 7,4 7,5 Schama, p. 640.
  8. Prix, p. 311.
  9. Crowdy, pp. 8, 24.
  10. 10.0 10,1 10,2 10,3 Encyclopædia Britannica, Vol. 11 (1910), p. 171.
  11. Soboul, p. 589.
  12. 12.0 12.1 Doyle, p. 198.
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  • HTML version of The Battle of Valmy from Edward Shepherd Creasy’s The Fifteen Decisive Battles of the World
  • Illustrated article on the Battle of Valmy at ‘Battlefields Europe’

Further reading

  • Arthur Chuquet, Les Guerres de la Révolution : 2. Valmy, 1887
  • Campagne du Duc de Brunswick contre les Français en 1792, publiée en allemand par un officier prussien témoin oculaire et traduite en français sur la quatrième édition à Paris chez A.Cl.FORGET rue du Four-Honoré No 487 An III de la République.

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