Bataille de Sedan (1870)

1er septembre 1870

Sedan, France
49°42’00” N 4°56’40 ” E/49,7°N 4,94444°Coordonnées écologiques: 49°42’00” N 4°56’40” E / 49,7°N 4.94444°E

Victoire prussienne décisive
Fin du Second Empire français

Bataille de Sedan
Partie de la guerre franco–prussienne
Karte zur Schlacht bei Sedan (01.09.1870).jpg
Date Lieu Résultat
Belligérants
Prusse
Royaume de Bavière
FranceFrance
Commandants et chefs
Royaume de PrusseWilhelm I
Royaume de Prusse Prussia Helmuth von Moltke
Kingdom of Bavaria Ludwig Freiherr von der Tann
France Napoleon III (POW)
France Patrice de Mac-Mahon (POW)
France Auguste-Alexandre Ducrot
Strength
200,000
774 guns
120,000
564 guns
Casualties and losses
2 320 morts
5 980 blessés
700 disparus
Total:
9 000 victimes
3 000 morts
14 000 blessés
103 000 capturés
Total:
120 000 victimes

La bataille de Sedan a eu lieu pendant la guerre franco–prussienne le 1er septembre 1870. Elle aboutit à la capture de l’empereur Napoléon III et d’un grand nombre de ses troupes et, à toutes fins utiles, décide la guerre en faveur de la Prusse et de ses alliés, bien que les combats se poursuivent sous un nouveau gouvernement français.

L’Armée française de Châlons, forte de 120 000 hommes, commandée par le maréchal Patrice de Mac-Mahon et accompagnée de Napoléon III, tente de lever le siège de Metz, pour être prise par l’Armée prussienne de la Meuse et vaincue à la bataille de Beaumont. L’Armée de la Meuse et la Troisième Armée prussienne, commandée par le maréchal Helmuth von Moltke et accompagnée du roi de Prusse Guillaume Ier et du chancelier prussien Otto von Bismarck, acculent l’armée de MacMahon à Sedan dans une bataille d’encerclement massive. Le maréchal MacMahon est blessé lors des attaques et le commandement passe au général Auguste-Alexandre Ducrot.

Contexte

Après sa défaite à Gravelotte, l’Armée du Rhin du maréchal Bazaine se replie sur Metz où elle est assiégée par plus de 150 000 soldats prussiens des Première et Deuxième Armées (Siège de Metz). L’empereur Napoléon III, avec le maréchal MacMahon, forma la nouvelle armée française de Châlons pour marcher sur Metz pour secourir Bazaine. Avec Napoléon III à la tête de l’armée, en présence du maréchal MacMahon, ils mènent l’armée de Châlons dans une marche de flanc gauche vers le nord-est en direction de la frontière belge pour tenter d’éviter les Prussiens avant de frapper vers le sud pour rejoindre Bazaine.

Les Prussiens avaient à plusieurs reprises surclassé les Français dans la série de victoires jusqu’en août 1870, et la marche a épuisé les forces françaises et laissé les deux flancs exposés. Les Prussiens, sous le commandement de von Moltke, profitèrent de cette manœuvre pour prendre les Français en tenaille. Laissant les Première et Deuxième Armées prussiennes assiéger Metz, Moltke prend la Troisième Armée prussienne et l’Armée de la Meuse vers le nord où elles rattrapent les Français à Beaumont-en-Argonne le 30 août. Après une bataille acharnée, les Français ayant perdu 5 000 hommes et 40 canons dans un combat acharné, les Français se retirent vers Sedan. Leur intention était de reposer l’armée, qui avait été impliquée dans une longue série de marches, de les ravitailler en munitions puis de battre en retraite, plutôt que de livrer bataille dans la ville.

Après s’être reformée à Sedan, l’Armée de Châlons déploie le Premier Corps pour contrôler l’avance prussienne, mais est immédiatement isolée par les armées prussiennes convergentes. Ils n’ont pas pu battre en retraite en raison de l’épuisement de leurs troupes, et ils manquaient de munitions. L’arrière français était protégé par la forteresse de Sedan, et offrait une position défensive au Calvaire d’Ily, qui avait à la fois des collines et des bois pour couvrir toute défense. Moltke a divisé ses forces en trois groupes: un pour retenir les Français là où ils se trouvaient, un autre pour avancer et les attraper s’ils se retiraient, et un troisième (la plus petite force) pour tenir la rive du fleuve. Les Français étaient incapables de se déplacer et devaient se battre “là où ils se trouvaient”. Les Prussiens encerclent ainsi les Français.

Bataille

“Maintenant, nous les avons dans la souricière”

Moltke

La porte de Brandebourg s’est illuminée sur le “Sedantag” en 1898. En anglais, le panneau indique “What a change through God’s guidance”

La bataille s’ouvrit avec l’Armée de Châlons, avec 202 bataillons d’infanterie, 80 escadrons de cavalerie et 564 canons, attaquant la Troisième Armée prussienne et la Meuse environnantes, qui totalisaient 222 bataillons d’infanterie, 186 escadrons de cavalerie et 774 canons.

Napoléon avait ordonné à MacMahon de sortir de l’encerclement, et le seul point où cela semblait possible était à La Moncelle, dont le flanc était protégé par une ville fortifiée. Les Prussiens choisirent également La Moncelle comme point de percée. Le prince Georges de Saxe et le XIe Corps prussien sont affectés à la tâche, et le général Baron von der Tann reçoit l’ordre d’attaquer Bazeilles sur le flanc droit.

Ce fut l’engagement d’ouverture, car le Premier Corps français avait barricadé les rues et enrôlé l’aide de la population. Von der Tann envoie une brigade traverser les ponts à 4 heures, mais se heurte à une forte résistance, ne tenant que l’extrémité sud de la ville. Le combat a attiré de nouvelles forces, avec l’arrivée des brigades françaises des Premier, Cinquième et Douzième Corps. À 8h00, la 8e Division d’infanterie prussienne arriva et von der Tann décida qu’il était temps d’attaquer de manière décisive. N’ayant pas été en mesure de faire venir l’artillerie à longue distance, il engage sa dernière brigade à prendre d’assaut la ville, appuyée par l’artillerie de l’autre côté de la Meuse. Son artillerie atteint Bazeilles à 9 heures.

Les combats continuèrent de s’étendre au sud de la ville, et la 8e Division d’infanterie fut envoyée en renfort des Bavarois combattant à La Moncelle, où ils avaient tenté de percer la défense française. Les combats commencent sérieusement à 06h00, et MacMahon, blessé, nomme au commandement le général Auguste Ducrot, qui reçoit la nouvelle à 07h00. Ducrot ordonna la retraite à laquelle Moltke s’attendait, mais fut annulé presque immédiatement par le général de Wimpffen, qui jeta ses forces contre les Saxons à La Moncelle. Cela conduit à un bref ralliement des Français, qui repoussent l’artillerie autour de La Moncelle et pressent les Bavarois et les Saxons. Cependant, avec la prise de Bazeilles et l’arrivée de nouvelles vagues de troupes prussiennes, la contre-attaque commence à s’effondrer.

Mais à 11 heures, l’artillerie prussienne a fait des ravages sur les Français, tandis que d’autres troupes prussiennes arrivaient sur le champ de bataille. Après un bombardement intense et des attaques prussiennes par le nord-ouest et l’est, et des attaques bavaroises par le sud-ouest, l’Armée de Châlons est enfoncée dans le Bois de la Garenne et encerclée. La cavalerie française, commandée par le général Jean Auguste Margueritte, lance trois attaques désespérées sur le village voisin de Floing où se concentre le XIe Corps prussien. Margueritte est mortellement blessée à la tête de la toute première charge et les deux charges supplémentaires n’entraînent que de lourdes pertes.

Conclusion et conséquences

“Nous sommes dans le pot de chambre et sur le point d’être chahutés.”

Ducrot

Napoléon III rend son épée

À la fin de la journée, sans espoir d’éclater, Napoléon III annule les attaques. Les Français ont perdu plus de 17 000 hommes tués et blessés et 21 000 capturés. Les Prussiens ont rapporté leurs pertes à 2 320 tués, 5 980 blessés et 700 capturés ou disparus.

Le lendemain, le 2 septembre, Napoléon III ordonne la levée du drapeau blanc et se rend lui-même et toute l’armée de Châlons à Moltke et au roi de Prusse. La capture de l’empereur français a laissé les Prussiens sans gouvernement opposé prêt à faire une paix rapide. En effet, deux jours après la nouvelle de la capture de l’empereur Napoléon III à Paris, le Second Empire français s’effondra dans une révolution sans effusion de sang, conduisant à la création d’un nouveau gouvernement provisoire qui continuerait la guerre pendant cinq mois de plus, ne ménageant aucun effort pour tenter de changer la fortune de la France.

Cependant, la défaite à Sedan et la prise de Napoléon III scellèrent le destin de la France et décidèrent ainsi de l’issue de la guerre en faveur de la Prusse. Avec le renversement du Second Empire, Napoléon III est autorisé à quitter la garde prussienne pour s’exiler en Angleterre, tandis que, dans les quinze jours, l’Armée prussienne de la Meuse et la Troisième Armée assiègent Paris.

La débâcle de Sedan devait hanter Napoléon III pour le reste de sa vie. En 1873, les derniers mots de Napoléon III sont adressés à son ami, le docteur Henri Conneau :

” Henri, étiez-vous là à Sedan ?” (Henri, etiez-vous à Sedan ?) “Oui, Majesté” (Oui, Sire) ” Nous n’étions pas des lâches à Sedan, n’est-ce pas ?” (N’est-ce pas que nous n’avons pas été des lâches à Sedan ?)

Et il mourut peu de temps après.

En reconnaissance du rôle que cette bataille a joué dans l’Unification allemande, de nombreux Allemands ont célébré le Sedantag (Jour de Sedan) chaque 2 septembre jusqu’en 1919. Le Kaiser lui-même a refusé de déclarer le 2 septembre comme jour férié officiel; au lieu de cela, il est devenu un jour de célébration non officiel.

Napoléon III ayant une conversation avec Bismarck après avoir été capturé à la bataille de Sedan (tableau de Wilhelm Camphausen de 1878)

Voir aussi

  • Pascal Olivier Comte de Negroni

Bibliographie

  • Le Nid dans l’Autel ou les Réminiscences de la guerre franco-prussienne de 1870 réimprimé par le Chapitre Deux, Londres en 1999, ISBN 1-85307-123-4.
  • Docteur Henri Conneau (Milan,1803-La Porta,1877) Ami le Plus Fidèle, Confident le Plus Intime de l’Empereur Napoléon III Bernard, Hervé., Biarritz 2008 (French).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.